Prévention des déchets

De quoi parle-t-on ?Une démarche sociétale, au-delà de la technique

Pour comprendre les enjeux liés à la prévention, il est fondamental de rappeler la définiton juridique de déchet, telle qu'énoncée à l'article L 344-1-1 du Code de l'Environnement :

« Est considéré comme déchet tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que le détenteur destine à l’abandon »

Le critère d'« inutilité » ou d'« utilité » se révèle déterminant, créant une frontière dont le franchissement génère la production du déchet : une fois considéré par son propriétaire-détenteur comme inutile, le bien privé, appartenant à la sphère individuelle, se transforme en bien public dont la prise en charge est confiée à la collectivité.

La prévention des déchets est une démarche qui consiste à agir en amont de la prise en charge collective, en retardant, en limitant ou en évitant l'acte d'abandon pour réduire les tonnages (prévention quantitative) ou les nuisances (prévention qualitative) associés à ce geste de rejet. Elle est à différencier des compétences attribuées aux collectivités locales : la propreté (nettoiement, débarras de l'espace public), la collecte (en porte-à-porte, en points d'apport volontaires, en déchèterie) et le traitement (recyclage, incinération, enfouissement) qui sont focalisées sur l'optimisation de la prise en charge, plutôt que sur la remise en cause de l'existence-même du déchet.


On parle alors de « prévention amont » pour les actions visant la réduction des déchets lors des phases d'approvisionnement et de fabrication (éco-conception, achats durables, etc.) et de « prévention aval » pour les démarches ciblant la phase de consommation ou d'utilisation du bien (réutilisation, lutte contre le gaspillage alimentaire, jardinage au naturel, etc.).

 

 Pourquoi réduire ses déchets ?

Depuis 40 ans, notre production de déchets a presque doublé : un habitant du Centre Yonne génère aujourd'hui en moyenne 567 kg de déchets par an, soit plus de 5 tonnes de déchets accumulés tous les 10 ans ! Si l'on multiplie pour la population du territoire, nous sommes face à des quantités faramineuses, destinées à des filières de traitement souvent coûteuses et polluantes.

Si le recyclage permet de réduire l’impact environnemental de ces déchets et de valoriser une partie de la matière, cette solution reste insuffisante car il n’y a pas d’effet direct sur les quantités de déchets produits. Or, une augmentation des quantités de déchets est synonyme de coûts non négligeables pour les collectivités et leurs habitants, ainsi que d’impacts considérables sur l’environnement.
 
Penser ses déchets différemment et réduire sa production est donc devenu une urgence écologique, justifiée par des implications d'ordre économique,  environnemental, éthique et sociétal.

 

 Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas !

La prévention intervient en amont du problème et consiste à trouver des alternatives permettant d’agir efficacement sur les quantités de déchets produits sur un territoire donné. Agir pour la prévention c’est ainsi chercher des solutions permettant d’éviter les pollutions et les coûts liés  au traitement et au transport des déchets. Grâce à des actions portant sur le prolongement de la durée de vie des objets, sur la gestion de proximité des biodéchets, sur la limitation du modèle du tout-jetable, la prévention est aussi un moyen d'œuvrer pour la préservation des ressources naturelles et d’éviter les impacts liés à la fabrication des produits.

Plusieurs leviers d'actions peuvent être envisagés, comme le montre le schéma ci-dessous.